17 décembre 2025
L’alopécie cicatricielle centrale centrifuge (CCCA)
Qu’est-ce que l’alopécie cicatricielle centrale centrifuge (CCCA) ?
Les signes de CCCA que vous ne devez jamais ignorer
L’un des grands dangers de la CCCA est sa phase silencieuse, où l’inflammation est active mais encore difficile à repérer à l’œil nu.
Voici les signes cliniques les plus fréquents observés dans les diagnostics trichologiques :
1. Diminution progressive de la densité au sommet (vertex)
La zone centrale devient de plus en plus visible.
C’est souvent le premier signe.
2. Sensations inflammatoires
Picotements, brûlures, fourmillements, douleurs localisées.
Ces sensations indiquent une inflammation encore active, donc potentiellement réversible si prise en charge tôt.
3. Raie qui s’élargit et cheveux plus fins
Les cheveux autour du vertex commencent à se miniaturiser, signe que le follicule souffre.
4. Zones hypopigmentées ou brillantes
Elles témoignent d’un début de fibrose cicatricielle, où la repousse est déjà compromise.
5. Repousse faible ou inexistante
Les cheveux repoussent fins, cassants, irréguliers ou ne repoussent plus du tout.
Ces signaux sont des alertes rouges. Chaque mois de retard augmente le risque d’une alopécie irréversible.
Pourquoi les femmes noires sont-elles les plus touchées par la CCCA ?
- La génétique
Certaines lignées familiales semblent présenter une sensibilité accrue à l’inflammation folliculaire chronique.
Cela suggère une possible prédisposition génétique affectant :
- la réponse immunitaire du follicule,
- la cicatrisation périfolliculaire,
- et la tolérance à l’inflammation prolongée.
Ces facteurs pourraient expliquer pourquoi certaines femmes développent une CCCA malgré des pratiques capillaires similaires à d’autres qui ne sont pas touchées.
2. L’inflammation chronique
Le cuir chevelu des femmes aux cheveux crépus est souvent soumis à :
- une tension mécanique constante,
- une asphyxie cutanée liée à l’accumulation de produits,
- une mauvaise oxygénation locale,
- une microcirculation altérée.
Ces conditions favorisent un terrain inflammatoire chronique, élément central dans le développement de la CCCA.
3. Les habitudes capillaires
Les pratiques capillaires courantes jouent probablement un rôle aggravant :
- coiffures serrées répétées,
- tresses, tissages et locks sous traction prolongée,
- défrisages chimiques à répétition,
- usage fréquent de chaleur directe.
Ces microtraumatismes répétés peuvent provoquer une inflammation périfolliculaire chronique, accélérant la destruction progressive du follicule chez les personnes prédisposées.
4. Le facteur culturel
Un facteur souvent sous-estimé est la dimension culturelle :
- la normalisation de la douleur (“ça tire, mais c’est normal”),
- la tendance à camoufler la perte plutôt qu’à la traiter (perruques, tissages),
- la croyance persistante que “ça va repousser tout seul”.
Ces comportements conduisent à un retard de diagnostic, souvent lorsque la fibrose cicatricielle est déjà installée et que les options thérapeutiques sont limitées.
En résumé
Il est probable que la CCCA résulte d’une combinaison de facteurs génétiques, inflammatoires, mécaniques et culturels, plutôt que d’une cause unique.
Ce caractère multifactoriel explique pourquoi la maladie évolue différemment d’une femme à l’autre.
D’où l’importance d’un diagnostic trichologique précoce, avant que l’inflammation ne se transforme en cicatrice irréversible.
Comment stopper la progression de la CCCA ? Ma méthode de diagnostic et de prise en charge trichologique
Lorsqu’une alopécie cicatricielle centrale centrifuge est suspectée, la précision du diagnostic est déterminante.
Une prise en charge approximative ou tardive peut accélérer la destruction folliculaire.
Étape 1 – Diagnostic trichologique approfondi à la caméra trichoscope (1h)
Chaque accompagnement commence par une consultation trichologique d’environ une heure, réalisée à l’aide d’une caméra trichoscopique professionnelle.
Cette analyse permet d’observer avec précision :
- la densité folliculaire réelle,
- la présence ou non d’ostia folliculaires (follicules encore actifs),
- les signes d’inflammation active,
- les zones de miniaturisation,
- les débuts de fibrose cicatricielle.
Dès cette première consultation, je vous transmets des conseils immédiats et concrets à mettre en place sans attendre afin de réduire l’inflammation et stopper les agressions responsables de l’aggravation.
Étape 2 – Analyse approfondie et rapport trichologique personnalisé (≈ 3 heures de travail)
Après la consultation, je consacre environ trois heures à l’analyse complète de votre cuir chevelu.
Je construis un rapport trichologique détaillé, incluant :
- l’état physiologique du cuir chevelu,
- la qualité de la microcirculation sanguine,
- le niveau d’oxygénation locale,
- l’état des bulbes capillaires,
- l’évaluation du terrain inflammatoire global.
Ce rapport permet de comprendre exactement ce qui se passe au niveau biologique, au-delà de ce qui est visible à l’œil nu.
Étape 3 – Protocole et traitement personnalisés
À partir de cette analyse, j’élabore un protocole strictement personnalisé, adapté à votre stade d’alopécie, à votre cuir chevelu et à votre mode de vie.
Ce protocole inclut :
- un traitement topique anti-inflammatoire ciblé,
- des ajustements capillaires précis (coiffures, manipulation, hygiène),
- des recommandations nutritionnelles spécifiques,
- des techniques de stimulation douce du cuir chevelu,
Il n’existe pas de protocole standard pour la CCCA.
Chaque cuir chevelu réagit différemment, et seule une prise en charge individualisée permet de ralentir efficacement la progression.
Fatoumata Sacko
Cet article a été rédigé par Fatoumata, Trichologue certifiée IAT et consultante capillaire accompagnant les femmes dans la prévention, le diagnostic et la stabilisation des problématiques de cuir chevelu.
