Par Fatoumata, trichologue certifiée IAT · Mis à jour en septembre 2026
« Depuis que je prends Mounjaro, je perds énormément de cheveux. J’ai peur de devenir chauve. »

Avec la popularité grandissante de ces nouveaux traitements utilisés notamment dans la perte de poids, cette question revient de plus en plus souvent dans ma pratique. Des clientes viennent me voir avec beaucoup d’inquiétudes et d’interrogations autour de Mounjaro, Wegovy ou encore Ozempic.

Je vais être directe : oui, les données scientifiques montrent aujourd’hui une association entre certains traitements de la famille des GLP-1 et la chute de cheveux.

Mais cela ne signifie pas forcément que le médicament lui-même « attaque » directement vos follicules pileux. La réalité est plus complexe.

La perte de poids rapide, la diminution des apports nutritionnels, la perturbation du cycle capillaire ou encore une alopécie déjà présente peuvent entrer dans l’équation.

Mon objectif dans cet article n’est donc pas de vous faire choisir entre votre perte de poids et vos cheveux. Il est plutôt de vous aider à comprendre pourquoi cette chute peut apparaître et comment préserver au mieux votre masse capillaire pendant cette période.

À retenir

Une chute de cheveux peut survenir pendant un traitement par Mounjaro ou Wegovy, mais la présence du traitement ne suffit pas à déterminer ce qui provoque la chute. Perte de poids rapide, apports nutritionnels insuffisants et effluvium télogène peuvent également intervenir.

Mounjaro et Wegovy peuvent-ils vraiment provoquer une chute de cheveux ?

Après les nombreux signalements de patients ayant remarqué une chute capillaire pendant leur traitement, les données scientifiques ont progressivement renforcé ce signal.

Avec Wegovy, à base de sémaglutide, les données européennes rapportent une chute de cheveux chez environ 2,5 % des patients traités contre 1 % sous placebo. Elle a également été rapportée plus fréquemment chez les personnes ayant perdu au moins 20 % de leur poids.1

Des signalements existent également avec le tirzépatide, la molécule de Mounjaro. Les revues scientifiques publiées en 2026 retrouvent d’ailleurs un signal particulièrement présent avec le sémaglutide et le tirzépatide.2

Mais attention à la conclusion que l’on en tire.

Observer davantage de chutes chez les personnes prenant ces traitements ne signifie pas forcément qu’ils exercent directement une action toxique sur le follicule pileux.

Et cette nuance est essentielle, car un autre phénomène bien connu en trichologie peut expliquer au moins une partie de ces chutes : l’effluvium télogène.

Une perte de poids importante peut, à elle seule, faire tomber les cheveux

Une chose essentielle à comprendre : même sans Mounjaro, Wegovy ou Ozempic, une perte de poids importante ou un régime très restrictif peut provoquer une chute de cheveux.

C’est ce que l’on appelle un effluvium télogène.

Un nombre plus important de follicules qui étaient jusque-là en phase de croissance basculent prématurément vers une phase de repos, puis vers la phase télogène, c’est-à-dire la phase qui précède la chute du cheveu.

Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la chute n’est pas forcément immédiate.

Vous pouvez avoir commencé votre traitement depuis plusieurs semaines et tout se passe très bien. Vous vous dites alors :

« Ouf, je réagis bien. Je n’aurai pas de problème de cheveux. »

Détrompez-vous.

Dans un effluvium télogène, la chute devient généralement visible plusieurs semaines à quelques mois après l’élément déclencheur, souvent autour de trois mois.3

C’est pourquoi, lorsqu’une cliente me consulte aujourd’hui pour une chute importante, je ne cherche pas uniquement ce qui s’est passé cette semaine.

« Qu’est-ce qui s’est passé dans votre vie il y a environ trois mois ? »

Perte de poids importante, maladie, intervention chirurgicale, infection, stress majeur, changement hormonal, régime très restrictif ou début d’un traitement… le véritable déclencheur peut être bien antérieur au moment où vous voyez vos cheveux tomber.

« Je mange beaucoup moins grâce à Mounjaro, c’est le but, non ? »

Oui… mais non.

Manger moins ne doit pas vouloir dire manger moins bien.

Les follicules pileux sont particulièrement sensibles à ce qui se passe à l’intérieur de notre organisme. Produire continuellement un cheveu demande de l’énergie, des acides aminés et différents micronutriments.

Lorsque les apports deviennent trop faibles ou que l’organisme traverse une période de restriction importante, il donne naturellement la priorité aux fonctions essentielles.

Et la croissance de vos cheveux, aussi importante soit-elle pour vous, n’est pas une fonction vitale.

L’une des erreurs que je rencontre le plus fréquemment dans ce contexte est une diminution trop importante des apports en protéines.

Le cheveu est principalement composé de kératine, elle-même constituée d’acides aminés. Lorsque l’on mange beaucoup moins, maintenir des apports protéiques suffisants devient donc particulièrement important.

Mais attention également à l’excès inverse.

Fer, zinc, biotine, vitamine D… dès que les cheveux commencent à tomber, la tentation peut être grande de multiplier les compléments.

L’erreur à éviter

Une chute de cheveux n’est pas automatiquement synonyme de carence. Si votre organisme réagit principalement à une perte de poids rapide et au stress métabolique associé, multiplier les compléments alimentaires ne corrigera pas nécessairement le mécanisme responsable.

L’objectif est surtout que, même si vous mangez moins, votre alimentation reste suffisamment nutritive.

Et si Mounjaro n’était pas toute l’explication ?

Et si Mounjaro n’était finalement que le déclencheur ou le facteur aggravant d’un terrain capillaire déjà fragilisé ?

C’est justement pour cette raison que je n’aime pas tirer de conclusions trop rapidement. Chaque chute est différente et plusieurs problématiques peuvent se superposer chez une même personne.

Vous pouvez être convaincue que votre problème vient uniquement de Mounjaro parce que la chute a commencé après le traitement, sans réaliser que cette période n’a peut-être fait qu’accentuer ou rendre visible un problème qui évoluait déjà discrètement.

Une personne peut présenter un effluvium télogène lié à une perte de poids rapide tout en ayant une alopécie androgénétique débutante, une inflammation du cuir chevelu ou une autre problématique capillaire.

L’un n’empêche pas l’autre.

C’est pourquoi ce qui doit nous intéresser n’est pas seulement combien de cheveux vous perdez, mais également comment votre densité évolue.

Un effluvium télogène entraîne généralement une chute diffuse : la diminution de densité concerne globalement l’ensemble du cuir chevelu.

En revanche, si votre raie s’élargit progressivement, si votre vertex devient particulièrement visible, si certains cheveux deviennent de plus en plus fins ou si une zone précise perd davantage en densité, il ne faut pas automatiquement tout attribuer à un effluvium.

Même chose si votre cuir chevelu présente des douleurs, rougeurs, démangeaisons importantes, boutons ou une inflammation persistante.

Est-ce que les cheveux repoussent après Mounjaro ou Wegovy ?

Dans le cas d’un effluvium télogène, le follicule pileux n’est pas détruit. Il existe donc bien un potentiel de repousse.

Mais il faut distinguer deux choses : l’arrêt de la chute et le retour de la densité.

Même lorsque le facteur déclencheur est corrigé ou que l’organisme retrouve progressivement un nouvel équilibre, vos cheveux ne vont pas retrouver leur volume du jour au lendemain.

Le cycle capillaire est lent. De nouveaux cheveux peuvent déjà être en train de pousser tout en étant encore beaucoup trop courts pour contribuer visuellement à votre densité.

En revanche, si une autre forme d’alopécie est présente en parallèle, l’évolution peut être différente.

La question n’est donc pas seulement : « Est-ce que mes cheveux vont repousser ? », mais aussi : « Qu’est-ce qui a réellement déclenché ma chute ? »

Comment limiter la chute et préserver sa densité pendant le traitement ?

  1. Conservez des apports suffisants en protéines.
    Une forte diminution de l’appétit peut facilement entraîner une réduction involontaire des protéines consommées.
  2. Privilégiez la qualité nutritionnelle.
    Si les quantités diminuent, la qualité de ce que vous mangez devient encore plus importante.
  3. Ne cherchez pas volontairement à vous sous-alimenter.
    Une restriction excessive peut représenter un stress supplémentaire pour l’organisme.
  4. Évitez les compléments pris au hasard.
    Lorsqu’un déficit existe, il peut être pertinent de le corriger. Mais davantage de vitamines ne signifie pas automatiquement davantage de cheveux.
  5. Surveillez l’évolution de votre densité.
    Des photographies prises régulièrement avec le même angle et le même éclairage sont souvent plus utiles que de compter quotidiennement le nombre de cheveux perdus.

Pensez également à préserver votre fibre capillaire. Une chute au niveau du follicule associée à beaucoup de casse peut accentuer considérablement l’impression de perte de densité.

Enfin, n’arrêtez pas seule un traitement prescrit simplement parce que vos cheveux tombent. Si la chute devient importante ou préoccupante, parlez-en au professionnel de santé qui vous suit.

Quand faut-il faire analyser la chute ?

Une chute diffuse apparaissant quelques mois après une perte de poids importante peut être compatible avec un effluvium télogène.

Mais si votre densité continue à diminuer, qu’une zone évolue différemment des autres, que votre raie s’élargit, que vos cheveux deviennent progressivement plus fins ou que votre cuir chevelu présente des symptômes persistants, il devient important de vérifier que l’effluvium est réellement la seule problématique présente.

Ce que je veux que vous reteniez

Mounjaro ne doit pas devenir l’explication automatique de toutes les chutes qui apparaissent pendant une perte de poids.

Parfois, il s’agira effectivement d’un effluvium télogène temporaire. Parfois, plusieurs facteurs se superposent.

La question réellement intéressante n’est donc pas uniquement :

« Est-ce que Mounjaro fait tomber mes cheveux ? »

Mais : « Quel type de chute suis-je réellement en train de présenter ? »

Parce qu’avant de traiter, il faut d’abord comprendre.

FAQ : Mounjaro, Wegovy et chute de cheveux

Mounjaro fait-il perdre les cheveux ?

Une chute de cheveux a été rapportée chez certaines personnes utilisant le tirzépatide. Cependant, la perte de poids rapide, la diminution des apports alimentaires et l’effluvium télogène peuvent également participer au phénomène. La présence du traitement ne permet donc pas, à elle seule, d’identifier la cause.

Combien de temps après Mounjaro la chute peut-elle commencer ?

Lors d’un effluvium télogène, la chute peut devenir visible plusieurs semaines à quelques mois après le facteur déclencheur, souvent autour de trois mois.

Les cheveux repoussent-ils après Mounjaro ou Wegovy ?

Lorsqu’il s’agit d’un effluvium télogène, le follicule pileux n’est généralement pas détruit et un potentiel de repousse existe. Le retour visible de la densité est cependant progressif et nécessite plusieurs mois.

Faut-il arrêter Mounjaro si les cheveux tombent ?

Ne modifiez pas seule un traitement prescrit à cause d’une chute de cheveux. Si celle-ci devient importante ou préoccupante, discutez-en avec le professionnel de santé qui vous suit afin d’évaluer la situation dans son ensemble.

Votre chute persiste malgré tout ?

Si vous prenez Mounjaro ou Wegovy et que votre chute persiste, que votre densité continue à diminuer ou que vous ne savez pas s’il s’agit réellement d’un effluvium télogène, le bilan trichologique complet permet de reprendre votre situation dans son ensemble.

L’objectif n’est pas de vous conseiller un produit supplémentaire. Nous observons notamment la répartition de votre densité, votre cuir chevelu, votre fibre et les différents facteurs susceptibles d’entretenir la chute afin de déterminer ce qui est réellement prioritaire et quelles sont les prochaines étapes.

Faire le point sur ma chute de cheveux

La Trichologie · Comprendre avant de traiter.

Sources scientifiques

  1. European Medicines Agency. Wegovy – Product Information. Données européennes actualisées sur le sémaglutide et les effets indésirables, dont la chute de cheveux.
  2. Gupta AK, Teasell EM, Economopoulos V, Mirmirani P. GLP-1 therapies and hair loss: A systematic review of current evidence and implications for counseling. Science Progress. 2026. PMID : 41998799.
  3. British Association of Dermatologists. Telogen Effluvium – Patient Information Leaflet.
  4. Glucagon-like peptide-1 receptor agonists and hair loss: A systematic review and meta-analysis. 2026. PMID : 42155605.
  5. European Medicines Agency. Mounjaro – Product Information. Tirzépatide.
Cet article a un objectif d’information et d’éducation. Il ne remplace pas un diagnostic médical, une consultation avec votre médecin ni les recommandations du professionnel de santé ayant prescrit votre traitement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *