L’alopécie cicatricielle centrale centrifuge (CCCA)

La chute de cheveux chez les femmes noires est trop souvent normalisée, attribuée aux tresses, au stress ou aux coiffures protectrices. Pourtant, derrière ce discours se cache parfois une pathologie grave et irréversible : l’alopécie cicatricielle centrale centrifuge (CCCA). Cette maladie, longtemps sous-diagnostiquée, entraîne une destruction progressive des follicules pileux et une perte de cheveux définitive si elle n’est pas prise en charge rapidement. Dans cet article, je vous propose une analyse scientifique, précise et complète de la CCCA, des mécanismes biologiques impliqués et des protocoles de prise en charge basés sur les données trichologiques disponibles.

Qu’est-ce que l’alopécie cicatricielle centrale centrifuge (CCCA) ?

L’alopécie cicatricielle centrale centrifuge (CCCA) est une alopécie inflammatoire chronique qui entraîne une destruction progressive du follicule pileux. Lorsqu'on laisse la pathologie s'installer, cette destruction conduit à un remplacement par du tissu fibreux (fibrose cicatricielle), ce qui rend la repousse impossible.

Les signes de CCCA que vous ne devez jamais ignorer

L’un des grands dangers de la CCCA est sa phase silencieuse, où l’inflammation est active mais encore difficile à repérer à l’œil nu.

Voici les signes cliniques les plus fréquents observés dans les diagnostics trichologiques :

1. Diminution progressive de la densité au sommet (vertex)

La zone centrale devient de plus en plus visible.
C’est souvent le premier signe.

2. Sensations inflammatoires

Picotements, brûlures, fourmillements, douleurs localisées.

Ces sensations indiquent une inflammation encore active, donc potentiellement réversible si prise en charge tôt.

3. Raie qui s’élargit et cheveux plus fins

Les cheveux autour du vertex commencent à se miniaturiser, signe que le follicule souffre.

4. Zones hypopigmentées ou brillantes

Elles témoignent d’un début de fibrose cicatricielle, où la repousse est déjà compromise.

5. Repousse faible ou inexistante

Les cheveux repoussent fins, cassants, irréguliers ou ne repoussent plus du tout.

Ces signaux sont des alertes rouges. Chaque mois de retard augmente le risque d’une alopécie irréversible.

Pourquoi les femmes noires sont-elles les plus touchées par la CCCA ?

À ce jour, il est important de le préciser : les données scientifiques sur l’alopécie cicatricielle centrale centrifuge restent encore insuffisantes, notamment en ce qui concerne les femmes afro-descendantes. La CCCA est une pathologie longtemps sous-étudiée, et les mécanismes exacts expliquant sa prévalence élevée chez les femmes noires ne sont pas encore totalement élucidés. Cependant, à partir de mes observations cliniques, des données trichologiques disponibles et de l’expérience terrain, je peux avancer plusieurs hypothèses :
  1. La génétique

Certaines lignées familiales semblent présenter une sensibilité accrue à l’inflammation folliculaire chronique.
Cela suggère une possible prédisposition génétique affectant :

  • la réponse immunitaire du follicule,
  • la cicatrisation périfolliculaire,
  • et la tolérance à l’inflammation prolongée.

Ces facteurs pourraient expliquer pourquoi certaines femmes développent une CCCA malgré des pratiques capillaires similaires à d’autres qui ne sont pas touchées.

 2.  L’inflammation chronique 

Le cuir chevelu des femmes aux cheveux crépus est souvent soumis à :

  • une tension mécanique constante,
  • une asphyxie cutanée liée à l’accumulation de produits,
  • une mauvaise oxygénation locale,
  • une microcirculation altérée.

Ces conditions favorisent un terrain inflammatoire chronique, élément central dans le développement de la CCCA.

3. Les habitudes capillaires

Les pratiques capillaires courantes jouent probablement un rôle aggravant :

  • coiffures serrées répétées,
  • tresses, tissages et locks sous traction prolongée,
  • défrisages chimiques à répétition,
  • usage fréquent de chaleur directe.

Ces microtraumatismes répétés peuvent provoquer une inflammation périfolliculaire chronique, accélérant la destruction progressive du follicule chez les personnes prédisposées.

 4. Le facteur culturel

Un facteur souvent sous-estimé est la dimension culturelle :

  • la normalisation de la douleur (“ça tire, mais c’est normal”),
  • la tendance à camoufler la perte plutôt qu’à la traiter (perruques, tissages),
  • la croyance persistante que “ça va repousser tout seul”.

Ces comportements conduisent à un retard de diagnostic, souvent lorsque la fibrose cicatricielle est déjà installée et que les options thérapeutiques sont limitées.

 

En résumé

Il est probable que la CCCA résulte d’une combinaison de facteurs génétiques, inflammatoires, mécaniques et culturels, plutôt que d’une cause unique.
Ce caractère multifactoriel explique pourquoi la maladie évolue différemment d’une femme à l’autre.

D’où l’importance d’un diagnostic trichologique précoce, avant que l’inflammation ne se transforme en cicatrice irréversible.

 

Comment stopper la progression de la CCCA ? Ma méthode de diagnostic et de prise en charge trichologique

Lorsqu’une alopécie cicatricielle centrale centrifuge est suspectée, la précision du diagnostic est déterminante.
Une prise en charge approximative ou tardive peut accélérer la destruction folliculaire.

 

 Étape 1 – Diagnostic trichologique approfondi à la caméra trichoscope (1h)

Chaque accompagnement commence par une consultation trichologique d’environ une heure, réalisée à l’aide d’une caméra trichoscopique professionnelle.

Cette analyse permet d’observer avec précision :

  • la densité folliculaire réelle,
  • la présence ou non d’ostia folliculaires (follicules encore actifs),
  • les signes d’inflammation active,
  • les zones de miniaturisation,
  • les débuts de fibrose cicatricielle.

Dès cette première consultation, je vous transmets des conseils immédiats et concrets à mettre en place sans attendre afin de réduire l’inflammation et stopper les agressions responsables de l’aggravation.

Étape 2 – Analyse approfondie et rapport trichologique personnalisé (≈ 3 heures de travail)

Après la consultation, je consacre environ trois heures à l’analyse complète de votre cuir chevelu.

Je construis un rapport trichologique détaillé, incluant :

  • l’état physiologique du cuir chevelu,
  • la qualité de la microcirculation sanguine,
  • le niveau d’oxygénation locale,
  • l’état des bulbes capillaires,
  • l’évaluation du terrain inflammatoire global.

Ce rapport permet de comprendre exactement ce qui se passe au niveau biologique, au-delà de ce qui est visible à l’œil nu.

Étape 3 – Protocole et traitement personnalisés

À partir de cette analyse, j’élabore un protocole strictement personnalisé, adapté à votre stade d’alopécie, à votre cuir chevelu et à votre mode de vie.

Ce protocole inclut :

  • un traitement topique anti-inflammatoire ciblé,
  • des ajustements capillaires précis (coiffures, manipulation, hygiène),
  • des recommandations nutritionnelles spécifiques,
  • des techniques de stimulation douce du cuir chevelu,

Il n’existe pas de protocole standard pour la CCCA.
Chaque cuir chevelu réagit différemment, et seule une prise en charge individualisée permet de ralentir efficacement la progression.

Réservez dès maintenant votre consultation trichologique personnalisée pour : comprendre précisément l’état de votre cuir chevelu, identifier une CCCA à un stade précoce, recevoir un protocole et un traitement adaptés à votre situation. Ne camouflez plus la chute. Diagnostiquez-la. Traitez-la. Protégez vos cheveux.
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Fatoumata Sacko

Cet article a été rédigé par Fatoumata, Trichologue certifiée IAT et consultante capillaire accompagnant les femmes dans la prévention, le diagnostic et la stabilisation des problématiques de cuir chevelu.

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